Dali Najeh : Un pays en difficulté budgétaire peut-il compter en
grande partie sur sa richesse en matière première (Partie 1)
Dali Najeh se pose la question la richesse d’un pays en
matières premières est-elle un avantage à moyen et/ou long terme pour son
progrès, développement économique ? Et jusqu’à quel point un
pays peut-il compter sur cette richesse naturelle au niveau de
l’établissement de son budget économique et mettre en œuvre les reformes
nécessaires pour ajuster son modèle de développement et régler les problèmes
liés au déséquilibre du niveau de vie entre les régions et notamment dans le
milieu rural.
Pour répondre à cette question, prenant le cas du continent africain et
l’expérience vécue par certains pays dans ce domaine.
La richesse de l’Afrique en matière première est bien
connue: elle abrite 30% des réserves mondiales et produit plus de
60 métaux et minéraux.
Les matières premières constituent un élément fondamental de tous les
aspects des activités économiques de base, allant de l’agriculture à
l’industrie, à la construction, à l’énergie et au transport. Elles resteront
probablement un élément essentiel du développement industriel, notamment pour
les industries de pointe et de haute technologie.
Selon Najeh Dali, la théorie
économique nous enseigne que si la demande pourrait être illimitée, les
ressources, elles, ne le sont pas. Bien qu’il existe peu de preuves à l’heure
actuelle d’une pénurie imminente de matières premières au niveau mondial, la
quête croissante de celles-ci a entrainé des changements fondamentaux sur le
marché mondial, menaçant emplois, compétitivité et la survie des
industries.
Malgré, La part actuelle de l’Afrique dans la production
mondiale de la matière première reste relativement faible par rapport à d’autres
grands producteurs, comme la Chine, la Russie ou le Brésil, une grande partie de
son sol reste encore inexploité. Ses réserves potentielles sont énormes et qui
attirées depuis des siècles l’appétit de plusieurs colonisateurs. À l’exception
de l’Afrique du Sud et de la RD du Congo, peu
de pays africains sont d’importants producteurs et exportateurs de matières
premières que l’UE considère critique.
Au cours des deux dernières décennies, les documents consultés
par Najah Dali, montre que l’Afrique a pris
une importance stratégique en tant que principal fournisseur d’énergie et de
matières premières. En effet, l’augmentation continue de la demande pour
certaines matières premières essentielles a conduit certains pays
comme la Chine et l’Inde à accroître leur
présence en Afrique tout en renforçant leurs liens commerciaux
avec les pays africains.
L’augmentation exponentielle de la demande de matières premières a été
provoquée par une combinaison de facteurs: la croissance de la population
mondiale, une urbanisation rapide et une industrialisation accélérée, notamment
dans les grandes économies émergentes. Les prévisions montrent[i] que si la
tendance observée depuis deux décennies dans la production de matières premières
se poursuit dans les quarante prochaines années, la planète devrait alors
produire d’ici 2050 plus de matières premières qu’il n’en a été produit par
l’humanité depuis les débuts de la civilisation.
A ce sujet, les pays qui dépendent de ressources extérieures ont élaboré
différentes stratégies pour s’assurer un accès à celles-ci à des prix équitables
et sans distorsion. Dans ce cadre, l’UE,
les Etats-Unis et le Japon ont chacun une stratégie définie,
reflétant des préoccupations communes, mais avec des réponses politiques
différentes.
La Commission européenne a présenté en 2008 une
communication intitulée « Initiative sur les matières premières: répondre aux
besoins pour assurer la croissance et l’emploi en Europe »[i,
reflétant ses préoccupations concernant l’augmentation de la demande mondiale
provenant des nouvelles puissances émergentes et les pénuries susceptibles
d’être provoquées par celle-ci.
La communication définissait une stratégie intégrée reposant sur trois
piliers :
(1) un accès aux matières premières sans distorsion des conditions,
(2) un approvisionnement durable en matières premières en provenance de
sources européennes et
(3) la réduction de la consommation de l’UE des matières
premières primaires. La communication identifiait 41 métaux et minéraux
d’importance stratégique pour l’Europe, parmi lesquels 14
étaient considérés
En réaction à cette situation, tant les pays riches en ressources que les
pays qui en dépendent, ont adopté différentes stratégies, que ce soit pour
préserver leurs réserves ou pour garantir leur accès à des réserves
extérieures.
Prenant le cas de la chine, ce grand pays a entrepris une « double
stratégie » afin de pouvoir garantir son accès à des matières premières
abordables.
Sur le plan intérieur, la Chine entend développer l’investissement local
dans ses propres capacités d’exploitation et de production, et limiter les
exportations de certaines matières premières essentielles. Elle a pris dans
certains cas des mesures visant à restreindre les investissements étrangers. Au
plan international, et contrairement à sa politique intérieure restrictive, la
Chine s’est montrée très active pour garantir l’accès aux matières premières
dans le monde entier.
La chine a aussi mobilisé ses entreprises publiques et a encouragé ses
entreprises privées à acquérir des matières premières à l’étranger et à financer
les infrastructures correspondantes et les secteurs de services, notamment
en Afrique.
Ce recul d’informations nous montrent d’une façon sommaire, la place
qu’occupe la matière première tant au niveau de l’exportation pour les pays en
développement, mais aussi au niveau de l’importance des pays industrialisés pour
assurer le développement de leurs industries.
Pour pourvoir tenter de développer davantage la réflexion qui est le
gagnant suivez la deuxième partie de cette article, qui tentera de presenter des
cas concrets et les lecons de l’histoire

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