mardi 3 janvier 2012

Dali Najeh: Matière première et développement en Afrique



Dali Najeh : Un pays en difficulté budgétaire peut-il compter en grande partie sur sa richesse en matière première (Partie 1)
Dali Najeh se pose la question la richesse d’un pays en matières premières est-elle un avantage à moyen et/ou long terme pour son progrès, développement économique ? Et jusqu’à quel point un pays peut-il compter sur cette richesse naturelle au niveau de l’établissement de son budget économique et mettre en œuvre les reformes nécessaires pour ajuster son modèle de développement et régler les problèmes liés au déséquilibre du niveau de vie entre les régions et notamment dans le milieu rural.
Pour répondre à cette question, prenant le cas du continent africain et l’expérience vécue par certains pays dans ce domaine.
La richesse de l’Afrique en matière première est bien connue: elle abrite 30% des réserves mondiales et produit plus de 60 métaux et minéraux
Les matières premières constituent un élément fondamental de tous les aspects des activités économiques de base, allant de l’agriculture à l’industrie, à la construction, à l’énergie et au transport. Elles resteront probablement un élément essentiel du développement industriel, notamment pour les industries de pointe et de haute technologie. 
Selon Najeh Dalila théorie économique nous enseigne que si la demande pourrait être illimitée, les ressources, elles, ne le sont pas. Bien qu’il existe peu de preuves à l’heure actuelle d’une pénurie imminente de matières premières au niveau mondial, la quête croissante de celles-ci a entrainé des changements fondamentaux sur le marché mondial, menaçant emplois, compétitivité et la survie des industries. 
 
Malgré, La part actuelle de l’Afrique dans la production mondiale de la matière première reste relativement faible par rapport à d’autres grands producteurs, comme la Chine, la Russie ou le Brésil, une grande partie de son sol reste encore inexploité. Ses réserves potentielles sont énormes et qui attirées depuis des siècles l’appétit de plusieurs colonisateurs. À l’exception de l’Afrique du Sud et de la RD du Congo, peu de pays africains sont d’importants producteurs et exportateurs de matières premières que l’UE considère critique. 
Au cours des deux dernières décennies, les documents consultés par Najah Dali, montre que l’Afrique a pris une importance stratégique en tant que principal fournisseur d’énergie et de matières premières. En effet, l’augmentation continue de la demande pour certaines matières premières essentielles a conduit certains pays comme la Chine et l’Inde à accroître leur présence en Afrique tout en renforçant leurs liens commerciaux avec les pays africains. 
L’augmentation exponentielle de la demande de matières premières a été provoquée par une combinaison de facteurs: la croissance de la population mondiale, une urbanisation rapide et une industrialisation accélérée, notamment dans les grandes économies émergentes. Les prévisions montrent[i] que si la tendance observée depuis deux décennies dans la production de matières premières se poursuit dans les quarante prochaines années, la planète devrait alors produire d’ici 2050 plus de matières premières qu’il n’en a été produit par l’humanité depuis les débuts de la civilisation.
A ce sujet, les pays qui dépendent de ressources extérieures ont élaboré différentes stratégies pour s’assurer un accès à celles-ci à des prix équitables et sans distorsion. Dans ce cadre, l’UE, les Etats-Unis et le Japon ont chacun une stratégie définie, reflétant des préoccupations communes, mais avec des réponses politiques différentes. 
La Commission européenne a présenté en 2008 une communication intitulée « Initiative sur les matières premières: répondre aux besoins pour assurer la croissance et l’emploi en Europe »[i, reflétant ses préoccupations concernant l’augmentation de la demande mondiale provenant des nouvelles puissances émergentes et les pénuries susceptibles d’être provoquées par celle-ci. 
La communication définissait une stratégie intégrée reposant sur trois piliers : 
(1) un accès aux matières premières sans distorsion des conditions, 
(2) un approvisionnement durable en matières premières en provenance de sources européennes et 
(3) la réduction de la consommation de l’UE des matières premières primaires. La communication identifiait 41 métaux et minéraux d’importance stratégique pour l’Europe, parmi lesquels 14 étaient considérés 
En réaction à cette situation, tant les pays riches en ressources que les pays qui en dépendent, ont adopté différentes stratégies, que ce soit pour préserver leurs réserves ou pour garantir leur accès à des réserves extérieures. 
Prenant le cas de la chine, ce grand pays a entrepris une « double stratégie » afin de pouvoir garantir son accès à des matières premières abordables. 
Sur le plan intérieur, la Chine entend développer l’investissement local dans ses propres capacités d’exploitation et de production, et limiter les exportations de certaines matières premières essentielles. Elle a pris dans certains cas des mesures visant à restreindre les investissements étrangers. Au plan international, et contrairement à sa politique intérieure restrictive, la Chine s’est montrée très active pour garantir l’accès aux matières premières dans le monde entier. 
La chine a aussi mobilisé ses entreprises publiques et a encouragé ses entreprises privées à acquérir des matières premières à l’étranger et à financer les infrastructures correspondantes et les secteurs de services, notamment en Afrique.
 
Ce recul d’informations nous montrent d’une façon sommaire, la place qu’occupe la matière première tant au niveau de l’exportation pour les pays en développement, mais aussi au niveau de l’importance des pays industrialisés pour assurer le développement de leurs industries. 
Pour pourvoir tenter de développer davantage la réflexion qui est le gagnant suivez la deuxième partie de cette article, qui tentera de presenter des cas concrets et les lecons de l’histoire

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