Dali Najeh : Protéger les ressources en
eaux contre la pollution : C’est une priorité absolue : Résultats de
l’Etude menée la Banque Mondiale en Tunisie
Dali Najeh précise qu’il est admis
actuellement que la notion cout de dégradation de l’environnement est une des
notions les plus importantes pour évaluer l’état des ressources en eaux dans un
pays.
- De façon très sommaire le coût global de la dégradation de l’eau est estimé
en Tunisie à environ 0,5-0,7% du PIB, avec une moyenne de 0,6% du PIB ou 207,5 millions DT en 2004. Cette évaluation est du même ordre de grandeur que celle estimée par l’étude précédente réalisée en 1999 par la banque mondiale.
- Cette note résumée par Najeh Dali basée sur des études précédentes
montre ce qui suit
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- Bien qu’il soit difficile de comparer directement les résultats des
études, il est intéressant de faire quelques précisions. L’étude précédente se
réfère à l’année 1999 et en ce qui concerne la dégradation de l’eau, elle se
limite à estimer l’impact de l’envasement des barrages et celui de la
dégradation de l’eau sur la santé, la qualité de la vie, et sur la valeur
récréative du littoral. Ces coûts étaient estimés à environ 0,65% du PIB en
1999.
- L’étude présente évalue un éventail beaucoup plus riche d’impacts de la
dégradation de l’eau.
o A titre comparatif, si l’on considère uniquement les impacts mesurés dans
l’étude précédente, le coût de la dégradation de l’eau serait d’environ 0,28%
du PIB en 2004.
o La diminution du coût de la dégradation de l’eau serait en grande partie
expliquée par la réduction des impacts sur la santé, et ceci grâce au (i) au
Programme National Anti-Diarrhée qui a divisé par huit le taux de la mortalité infantile due aux maladies
diarrhéiques entre 1999 et 2004 ; aux (ii) investissements entrepris dans le
secteur de l’assainissement qui s’élèvent à plus de 700 millions DT entre 1999
et 2004 (malgré l’importante de la mise à niveau actuelle de ce secteur pour
suivre l’évolution démographique, industrielle ainsi que son élargissement vers
les zones n’ont couvert par ce service et dont la majorité sont des zones
rurales dont les ressources en eaux potables sont pompées directement ) et au
(iii) contrôle environnemental relativement entrepris par les départements
concernés et qui nécessitent actuellement une nouvelle approche et une
meilleure efficacité .
o Les rapports et les études publiés récemment par la banque mondiale
montrent selon Najeh Dali :
§ La perte de la productivité agricole irriguée est la plus
significative, suivie par celle due à la surexploitation des eaux souterraines.
§ L’impact sur le tourisme vient à la troisième ou à la quatrième place,
selon que l’on considère la borne supérieure ou inférieure de l’estimation.
§ Les pertes de la biodiversité et de la pêche sont partiellement mesurées,
ce qui suggère que les dommages réels dans ces secteurs peuvent en fait être
plus grands.
- Ces résultats indiquent d’après l’analse de Dali Najeh qu’il est important
de mieux comprendre l’ampleur et les causes de la dégradation environnementale
en Tunisie.
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- Il est constaté que le secteur agricole, qui est le gros utilisateur de la
ressource avec 83 % du total de la consommation, enregistre la dégradation la
plus large. Les nappes souterraines, suite à leur surexploitation, endurent
aussi un dommage presque de la même importance. Ces deux secteurs méritent
d’être suivis de plus près afin d’éviter des impacts irréversibles.
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- Les études consultées par Dali Najeh
ont montré que les interventions prioritaires sont
o (a) d’améliorer les pratiques agricoles pour réduire l’effet de la
salinité et
o (b) de mieux réduire la surexploitation des nappes souterraines.
- Il est temps d’imaginer les moyens les plus appropriés pour limiter les
effets négatifs de la salinité et de concevoir les instruments capables de
réduire la surexploitation qui constitue une menace sérieuse sur la durabilité
du développement des régions sensibles, à savoir le Sud, le Centre et le Cap
Bon pour lesquelles les eaux souterraines constituent une ressource vitale.
- Parmi ces options, on peut envisager le développement de la recharge
artificielle des nappes par les eaux conventionnelles et les eaux usées
traitées (bien sure selon les normes internationales voir un traitement
tertiaire) , en prenant les précautions nécessaires en matière de traitement et
de sélection des zones de recharge pour éviter la contamination. Cette voie est
déjà en cours d’exploration au moyen de petits projets pilotes.
- Outre les programmes d’investissement en infrastructures, on pourrait citer
à titre indicatif : (
o i) le renforcement du contrôle des sources de pollution,
o (ii) l’évaluation et le renforcement éventuel des incitations et aides à la
dépollution,
o (iii) les mesures tarifaires incitant à l’économie d’eau,
o (iv) le développement de la réutilisation des eaux usées traitées notamment
dans le Grand Tunis,
o (v) l’amélioration de la coordination entre les différentes institutions
concernées afin de mieux gérer l’utilisation des nappes souterraines
- Il est donc important de faire des analyses coût/ bénéfice pour les
différentes options afin de hiérarchiser les domaines d’intervention, de
trouver la combinaison à moindre coût entre investissements lourds et autres
mesures non capitalistiques et d’intégrer les décisions dans une politique de
gestion intégrée de l’eau.
Finalement d’après
Najeh Dali d’après cette bref analyse, il serait
judicieux de refaire l’évaluation par exemple tous les cinq ans en vue de
déceler les tendances et aussi de justifier les décisions d’investissements à
l’occasion des préparations des plans quinquennaux de développement.
publié par Dali Najeh
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