dimanche 18 décembre 2011
Najeh Dali: la gestion durable des terres agricoles et la luute contre la dégradation des sols en Afrique du Nord
Najeh Dali: précise que l’une des premières enquêtes mondiales (connue sous le nom GLAS) sur la dégradation des sols, elle a été réalisée par les Nations Unies en 1988-1991. Cette enquête de la dégradation des sols par l'homme, a montré des problèmes importants dans pratiquement toutes les parties du monde.
A l’échelle planétaire, les terres sèches, arides ou semi-arides sont particulièrement exposées aux ravages de la désertification. Les régions sèches abritent environ deux milliards de personnes, soit le tiers de l’humanité, et couvrent plus de 40 % de la surface de la planète. Pour l’Afrique, les terres agricoles par habitant ont diminué à un taux moyen le plus élevé à travers le monde.
Plusieurs causes sont à l’origine de cette dégradation de terres qui s’amplifie de plus par d’autres facteurs dont la surexploitation des ressources naturelles, la désertisation, et l’orientation donnée à l’échelle d’un pays et surtout local au gain rapide sans avoir une vision durable.
A ce propos, selon Najeh Dali précise que la désertification et la dégradation des sols constituent de nos jours des graves problèmes non pour l’environnement mais également pour la croissance économique d’un pays et notamment dans les pays en voie de développement et en particulier en Afrique.
Prenons l’exemple de l’agriculture. La désertification, la sécheresse et, ces derniers temps, le changement climatique produisent leurs effets néfastes sur ce secteur, menaçant par là même la principale source de subsistance des centaines de milliers de personnes déjà démunies.
L’Afrique endure ce fléau à cause d’énormes difficultés en matière de développement réel pour garantir sa sécurité alimentaire et le bien être de sa population ; dont plusieurs pays vivent avec moins de un dollar par jour, sans oublier l’importance de la création des emplois fixes qui peuvent générer des revenus permettant à la population de subvenir à leur besoin vitaux.
En effet, la désertification a entraîné une perte graduelle et inexorable de productivité agricole et un net déclin du revenu du citoyen et de la santé écologique des écosystèmes. Sous son influence, les dunes de sable empiètent progressivement sur les terres cultivables, les pâturages se dénudent et les nappes aquifères se tarissent.
Le phénomène pèse sur l’avenir environnemental de ce continent, mais plus encore sur son avenir économique, en raison du coup de frein qu’il impose aux activités liées à la qualité des écosystèmes.
Pour prendre un exemple d’un pays de l’Afrique du Nord qui est qualifié comme un pays semi-aride à aride, comme la Tunisie, dont la superficie menacée est estimée à 94% du territoire du pays, la lutte contre ce fléau a été entamée depuis fort longtemps.
Bien qu’au cours des dernières décennies, certains programmes à divers objectifs tels que la protection des terres agricoles, la lutte contre la dégradation des sols, le développement et la promotion de l’agriculture paysanne, ont été réalisés à travers l’ensemble du pays dans le cadre des projets de développement intégré, Il est actuellement admis de l’urgence de l’intervention pour la consolidation des investissements réalisés et l’extension des zones d’intervention jugées prioritaires. Il est devenu nécessaire, depuis des années, de bien cerner ce problème.
La dégradation des sols en Tunisie est causée essentiellement par l’érosion éolienne, l’érosion hydrique et la surexploitation des terres. D’après les statistiques on estime les pertes annuelles en sol à l’équivalent de 10 000 ha.
Des études réalisées par le ministère chargé de l’environnement en collaboration avec la coopération technique allemande, indique que les terres menacées par la dégradation ont une superficie de 14 millions d’ha dont une superficie de 11,5 millions est menacée une dégradation forte à très forte (érosion hydrique et/ou érosion éolienne et/ou salinisation ou les trois facteurs combinés).
Sur les terres de parcours, le surpâturage est à l’origine de la dégradation que seule une gestion raisonnée basée sur la rotation et l’amélioration périodique des parcours pourrait mitiger ce fléau. Au niveau des périmètres irrigués, la conduite de l’irrigation et du drainage conditionne de façon très nette les phénomènes de salinisation.
De plus d’après Dali Najeh, les problèmes d’inadéquation entre les pratiques culturales et les techniques inappropriés favorisent les différentes formes de dégradation à savoir : la pratique du labour des terrains en pente et souvent suivant le sens de la pente et l’absence d’un assolement adéquat qui permettrait sur les terres vulnérables à l’érosion d’avoir le sol couvert durant les saisons où les pluies torrentielles sont fréquentes;
Par ailleurs le manque et/ou le non recours aux fumiers nécessaires pour la reproduction de la fertilité et la stabilité des sols et l’utilisation des engrais chimiques ont accentué le problème.
Par ailleurs, l’utilisation des eaux plus ou moins chargées en sels sur des sols peu filtrants induit la dégradation chimique des sols. Le contrôle et le suivi de la salinisation sont peu fréquents. Les précautions qui pourraient l’atténuer font défaut: le drainage et surtout son entretien, n’est pas généralisé, notamment dans les périmètres publics irrigués; les techniques empêchant la salinisation sont rarement développées par les agriculteurs
De plus, la surexploitation de nappes phréatiques concerne principalement la bande côtière (intrusion marine). Le taux actuel de surexploitation des nappes phréatiques atteint 105% et le taux d’exploitation des nappes profondes a atteint plus de 80%. Par ailleurs, des zones sont déjà décrétées périmètres de sauvegarde et/ou d’interdiction.
Cette surexploitation s’est accompagnée dans beaucoup de cas par une dégradation chimique de la qualité de l’eau qui a eu des effets néfastes sur les cultures (dépérissement des espèces sensibles) par une baisse du niveau piézométrique obligeant à un fonçage de puits de plus en plus profond captant parfois le toit de certaines nappes profondes. Cette surexploitation risque de compromettre l’avenir de certaines nappes aquifères et des périmètres irrigués à partir de leurs eaux, notamment ceux formés de sols lourds.
Dans les systèmes agraires appartenant au milieu aride, la surexploitation des terres de parcours a été à l’origine de la raréfaction de la végétation et par la déflation, notamment sur les sols très sensibles du Centre et du Sud, qui ont conduit à la désertification se manifestant par des espaces ensablés stériles et d’autres espaces complètement décapés. Ce phénomène est observé sur les terres à vocation pastorale ou mises en culture en particulier lors des années pluvieuses jouant aussi sur leur dégradation. Face à cette situation.
Il importe de noter que malgré les problèmes cités ci-haut, la Tunisie depuis plusieurs décennies a donne une place de choix à la dégradation des terres et la lutte contre la pollution, mais l’importance des investissement et la complexité du problème et surtout le recours es deniers années à la production sans tenait compte de la durabilité de la ressource.
D‘ailleurs d’autres projets ont également réussis en Afrique. Par exemple, au sein du programme TerrAfrica, le ministère éthiopien de l’agriculture et du développement rural a développé un cadre d’investissement pour la gestion durable des sols (GDS). Ce dispositif vise à aligner, coordonner et accroître les fonds alloués dans ce domaine pour le bénéfice ultime des populations rurales qui dépendent de la terre en matière de nourriture, de revenus et de services environnementaux.
Comme autre pays, le Mali aussi s’est engagé à combattre la désertification et ce e mettant sur pied un groupe de travail pour guider l’expansion de la gestion durable des sols sur une base programmatique. Le plan d’action prévoit, outre l’augmentation des investissements sur le terrain, un travail analytique d’examen des dépenses publiques de GDS. Celui-ci consiste à évaluer intégralement les coûts associés à la dégradation des sols et à entreprendre une analyse institutionnelle, afin d’orienter les processus de coordination interministérielle.
Finalement, Najeh Dali afin de palier aux effets néfastes de la désertification et en particulier la dégradation des sols, et en tenant des expériences réussies l’ensemble des partenaires en Tunisie, comme d’ailleurs pour l’ensemble des pays de l’Afrique du nord, il est opportun de renforcer la coopération et la synergie entre plusieurs secteurs tels l’agriculture, l’environnement, la foresterie, les carrières, l’industrie ainsi que les ressources hydriques cela sans oublier le problématique liées au changement de vocation des terres agricoles. En accord avec la nouvelle architecture d’aide au développement définie pour le pays, le gouvernement doit encourager la généralisation de la gestion durable des sols, par une mobilisation programmatique des opérations centrée sur la gestion des ressources naturelles, la gouvernance environnementale et le développement agricole.
Dali Najeh/ Najeh Dali
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